fermer
France3 du 04 sept 2026
France3 du 04 sept 2026
Reportage à l'arrache
Visite d'une partie de la Ferme - seulement ce qui l'intéressait pour justifier VALECO
Mail envoyé à France3 (différentes directions)

Objet : Reportage France 3 sur le projet VALECO à Mignaloux-Beauvoir – interrogation sur la méthode journalistique


Madame, Monsieur,
Je souhaite revenir sur les conditions dans lesquelles une journaliste de France 3 est venue m’interroger à mon domicile au sujet du projet photovoltaïque porté par VALECO à Mignaloux-Beauvoir.
Je n’avais sollicité ni reportage ni exposition médiatique. La journaliste s’est présentée chez moi sans rendez-vous et j’ai néanmoins accepté de répondre à ses questions, pensant légitimement participer à un travail d’information contradictoire.
Avec le recul, je m’interroge sérieusement sur la méthode employée et, surtout, sur l’angle qui semble avoir été retenu.
J’ai eu le sentiment non pas d'être interrogé pour comprendre les raisons de mon opposition au projet, mais d'être placé dans la position du riverain qu'il convenait de confronter à un projet présenté, lui, sous un jour nécessairement vertueux : production d'énergie renouvelable, maintien d'une activité agricole et élevage biologique.
Or c'est précisément là que le travail journalistique d'investigation aurait, me semble-t-il, dû commencer plutôt que s'arrêter.
Puisque ce projet semblait présenter tant de vertus qu'il devenait presque incompréhensible de s'y opposer, 

quelques vérifications auraient peut-être été utiles :

Photo réelle vue de mon jardin avec simulation de panneaux - le 13 sept 2026
Photo réelle vue de mon jardin avec simulation de panneaux - le 13 sept 2026

Agriculture biologique : pourquoi annoncer un élevage biologique sur des parcelles indiquées comme non biologiques en 2022, 2023 et 2024 ?
Conversion : quand ces terres doivent-elles passer en agriculture biologique ? Le dossier le prévoit-il ?
Terres en friche : sont-elles réellement en friche ? Qui l'a vérifié ? NOUS ! et c'est FAUX ! même le permis de construire de VALECO présente dans le document 4.EIE.pdf page 130 mesure R15 - il est indiqué : "terres agricoles" (comme tous les habitants savent pertinemment )
La ferme : pourquoi la ferme classée du XIXe siècle, directement voisine du projet, est-elle totalement absente du dossier ? Cette ferme est là depuis le XIXieme, elle ne vient pas de sortir du sol !
Les voisins : pourquoi montrer des vues lointaines alors que des bâtiments se trouvent à quelques dizaines de mètres ?
Photos : pourquoi certaines photos de l'étude d'impact sont-elles prises jusqu'à plusieurs kilomètres du projet ?
Accès SDIS : pourquoi certains accès semblent-ils emprunter des chemins anciens aujourd'hui disparus ?
Routes : les routes actuelles sont-elles réellement dimensionnées pour les engins ? NON !
Incendie : pourquoi implanter un tel projet à proximité immédiate d'une forêt de pins et d'habitations ? Allo !
Clôtures : pourquoi VALECO pourrait-il clôturer le site alors que les clôtures des habitants sont contraintes au nom de la circulation de la faune ? Allo !
RN147 : le risque d'éblouissement des automobilistes a-t-il réellement été étudié ? NON !
Riverains : l'éblouissement des habitations voisines a-t-il été étudié ? NON !
Puits : le risque de pollution de mon puits par la présence et les déjections des bovins a-t-il été étudié ? NON !
Ruissellement : où iront les eaux provenant des parcelles après aménagement ? ETUDE FAUSSE - DANS LE MAUVAIS SENS !
SAFER : Les contreparties qui ont permis d'obtenir son accord (embauche 1 salarié + ajout de nouvelles vaches)  ? NON - d'ailleurs monsieur Grollier ne pâture pas toutes les terres qu'il a déjà. 
Bovins : la présence effective des vaches faisait-elle partie de ces engagements ? NON - c'est un alibi - aucun engagement - aucune réalité. 
Contrôle : qui vérifiera demain que les vaches et l'emploi promis sont réellement présents ? PERSONNE
Refus préfectoral : pourquoi ne pas avoir corrigé le projet après le refus du préfet ?
Tribunal administratif : pourquoi avoir préféré demander au juge de faire annuler ce refus plutôt que de modifier le permis de construire ?
Étude d'impact : pourquoi tant de questions élémentaires restent-elles finalement sans réponse ?
Enquête publique : pourquoi y a t il aucune réponse donnée aux attentes des habitants ? des centaines d'interpellations sur une multitude de sujets non abordés ! 
GAZ : Que dire de la conduite de gaz souterraine qui traverse les parcelles à 1m de profondeur - et le permis de construire qui indique faire passer les câbles électriques à 1m de profondeur (eux aussi) et coupant la conduite de gaz ?
Centrale Gaz : que dire du projet d'injection de Gaz naturel à quelques mètres des parcelles ?
Pourquoi les plans comptent-ils la parcelle du voisin éleveur (au sud) ? ......
Je me garderai bien d'en déduire moi-même qu'une irrégularité existe : ce serait justement le rôle d'une enquête sérieuse de vérifier tous ces points pour que VALECO s'explique.

Cela m'amène à une comparaison volontairement provocatrice.

Je regarde avec intérêt le travail d'Élise Lucet et de ses équipes. Leur journalisme peut être incisif, dérangeant et parfois brutal pour ceux auxquels ils s'adressent. Mais il possède une caractéristique essentielle : lorsqu'ils enquêtent sur un dossier opposant des citoyens à des acteurs économiques puissants, leur curiosité journalistique ne semble pas s'arrêter aux portes du particulier. Ils sont "à charge" contre les grands, pas contre les petits !
Il est relativement facile de venir sans rendez-vous confronter un riverain devant sa ferme. Il est journalistiquement beaucoup plus intéressant d'aller poser au porteur d'un projet de plusieurs millions d'euros les questions qui dérangent.
C'est en cela que la comparaison avec Élise Lucet me paraît finalement instructive : le journalisme d'investigation ne consiste pas à être dur avec celui qui ouvre sa porte. Il consiste à être aussi exigeant — sinon davantage — avec ceux qui disposent des moyens économiques, techniques et juridiques de construire et défendre un dossier complexe.
Je ne demande donc à France 3 ni de défendre ma position ni de combattre le projet VALECO.
Je demande quelque chose de beaucoup plus simple : la même exigence critique des deux côtés.

Puisque des questions m'ont été posées et pour lesquelles les réponses n'ont, de toute évidence, pas été comprises

1. Pourquoi avez-vous acheté cette Ferme ?

Parce qu'elle était à vendre ! Cette ferme est un bijou du XIX ième siècle qui mérite d'être vu, habité, rénové et aimé. Nous la réhabilitons pour en faire un micro village vacances (CF notre permis de construire) - avec 10 logements + ferme pédagogique + culture naturelle et pédagogique

2. Saviez-vous qu'il y avait un projet VALECO ?

Oui mais nous ne parlons pas du même projet ! Le projet VALECO nous a été présenté avant l'achat de notre Ferme. Et nous avons mis une condition suspensive à l'achat si notre permis de construire (micro village vacances XIXieme) n'était pas retenu. Le projet de VALECO n'était pas celui qui nous concerne aujourd'hui. Il s'agit de leur premier projet bidon qui voulait placer des batteries de poules industrielles sous des panneaux photovoltaïques. OUI : VALECO se fout totalement de l'élevage BIO ! Ce projet a été abandonné car il y avait autant de soucis sur le permis de construire qu'aujourd'hui - mais à ce moment, ils ont eu l'apparence d'honnêteté de l'abandonner. Donc, Oui, nous savions que le projet VALECO avait été abandonné ! 

3. Qu'est-ce que ça peut bien vous faire d'être entouré de panneaux solaires ?

Avant tout, sur le terrain légal : qu'une entreprise détourne les faits, les études de sol, les études d'environnement, falsifie l'étude d'impacts - c'est une chose qui nous insupporte ! Sur le terrain visuel : notre habitation principale a ses fenêtres qui donnent directement sur le projet VALECO ! sans compter l'éblouissement (puisqu'il n'y a même pas d'étude de faite), Voir des milliers de panneaux autour de notre ferme que nous habilitons pour qu'elle ressemble au XIX siècle est profondément injuste sur le terrain du PLUi.

4. Avec tous ces arbres , vous ne verrez pas les panneaux.

Faux. d'une part parce que si l'étude d'impact avait été faite, et conformément au PLUi, VALECO aurait vu que notre parcelle est agricole et ce n'est pas une forêt d'arbres spontanés ! Ces arbres (spontanés) et ses espaces de ronces sont en cours de nettoyage. D'ailleurs, beaucoup de végétation non entretenue se trouve sur la parcelle du projet .... ce sont bien des végétations qui doivent disparaître. Nous devons rattraper des dizaines d'années de laisser-faire. d'ailleurs les photos de 2007 montre la ferme dans un état avec très peu de végétations spontanées - on y voit donc très les parcelles du projet.

5. Et si le projet se faisait ?

Je crois que ce serait une honte pour notre pays, nos institutions (mairie, préfet, enquête publique, nos 3 associations de défense de notre patrimoine...) - qu'un industriel puisse se moquer de nous ouvertement en s'installant chez nous, je crois que ce serait une honte profonde. D'apprendre pendant le l'audience du Tribunal Administratif, que VALECO réclame des indemnités à la Préfecture pour ne pas avoir accepté son permis, me donne une profonde envie de vomir ! Mais, de toute manière, j'ai déposé, il y a plusieurs mois, une plainte au Procureur de la République de Poitiers pour que la lumière soit faite sur ces falsification d'études et de documents. De toute manière, l'affaire VALECO n'est pas finie !

Conclusion

Je serais donc reconnaissant à la direction de France 3 Nouvelle-Aquitaine de bien vouloir examiner les conditions dans lesquelles ce reportage a été préparé et réalisé et, le cas échéant, de me permettre de connaître sa position sur ces différents points.
Je tiens naturellement à votre disposition les documents sur lesquels reposent mes interrogations, notamment ceux relatifs au projet agricole et au statut des parcelles concernées.
Je ne demande pas que France 3 soit de mon côté.
Je demande simplement qu'elle ne soit du côté de personne.
C'est, me semble-t-il, précisément ce que l'on est en droit d'attendre du service public de l'information.


Si d'aventure, votre journaliste voulait refaire son reportage, je suis à votre disposition.
Cordialement,
Jean-François CASQUET - Président de l'association MIGNALOUX.COM - association de défense et de valorisation du patrimoine local - Mignaloux-Beauvoir

 
 

(version PC)
New Responsive Design -> Actu:1200px | | 640px | 800px | 1024px | Auto